Jeudi 25 novembre 2010 4 25 /11 /Nov /2010 17:53

  Article emprunté à l'excellent mensuel en ligne l'Afrique Réelle N° 11 : 

 

   ORIGINES DE L’HOMME : ADIEU L’AFRIQUE ?

 

  Six séries de découvertes majeures faites en Libye (2006-2009), en Georgie (1991-2007), en Espagne (1994-2008), en Birmanie (2008), en Chine (2010) et en Siberie (2010), conduisent a une profonde remise en question de la théorie des origines uniquement africaines de l’homme, qu’il s’agisse de l’hominisation elle-même ou de l’Homme moderne. Deux questions doivent donc être posées :

- Pourquoi, essentiellement en France, et en dépit des découvertes qui s’accumulent, la theorie multicentrique n’est-elle jamais évoquée ?

- Pourquoi, seuls les tenants de la thèse des origines africaines exclusives de toute l’humanité ont-ils droit à la parole ?

 

  De la période la plus ancienne a la plus récente, les nouveautés qui ont bouleversé l'état des connaissances sont les suivantes :

 

1) Au mois de septembre 2008, Ganlea megacanica, un nouveau primate fossile a été mis au jour en Birmanie par une équipe internationale comprenant deux paléontologues français, les professeurs Laurent Marivaux et Jean-Jacques Jaeger[1]. Le principal intérêt de cette decouverteest que l’apparition de ce primate se situe juste après la séparation entre la lignée des prosimiens, dont les actuels représentants sont notamment les lémuriens de Madagascar, et celle des anthropoïdes qui regroupe les singes et les hominidés. Ganlea megacanica qui vivait il y a 37 millions d’années, est donc, dans l’état actuel des connaissances, le plus vieil ancetre commun aux hommes et aux singes.

  Cette découverte venant après celle d’un autre anthropoïde mis au jour en Chine, baptise Eosimias, et date de +- 45 millions d’années, la thèse selon laquelle les primates anthropoidesn’ont évolue qu’en Afrique semble donc obsolète.

 

Conclusion : le postulat selon lequel c’est a partir des seuls primates africains que s’est faite l’évolution vers le genre homo n’est donc plus recevable car, dans l’état actuel des connaissances, les ancêtres communs aux hommes et aux singes auraient evolue a partir de primates ayant vécu en Asie et non en Afrique.

 

2) Des fossiles dates de +- 35 millions d’années et qui appartiennent à la famille des anthropoides ont été découverts dans le désert libyen parles professeurs Michel Brunet et Jean-Jacques Jaeger[2]. Leur origine étant asiatique, contrairement a tout ce qui a été affirme jusqu’a ce jour, l'Afrique aurait donc été originellement peuplée a partir de l’Asie.

 

Conclusion : Des primates anthropoïdes qui sont les très lointains ancêtres du plus vieil hominidé africain, seraient arrives en Afrique venant d’Asie et c’est a partir d’eux que se serait faite la lente hominisation africaine. Leurs cousins demeures en Asie auraient, quant a eux, donne naissance a l’hominisation asiatique.

 

Le genre homo apparaît il y a 2 a 3 millions d’années avec Homo habilis qui n’a été découvert qu’en Afrique. A la différence de l’australopithèque qu’il côtoie, c’est un vrai bipède qui taille grossièrement des galets.

 Puis, il y a environ 2 millions d’années, apparaît Homo érectus, qui a été mis au jour en Afrique, en Asie et en Europe. Nous ignorons si Homo érectus est le descendant d’Homo habilis et si tous les deux sont les «ancêtres» des actuelles populations africaines.

Deux théories sont en présence. La première considère qu’Homo érectus est le descendant d’Homo habilis. La seconde théorie met en avant le fait qu’en Afrique de l’Est, Homo habilis et Homo erectus ont cohabite durant plusieurs centaines de milliers d’annees, ce qui ferait que le second ne «descendrait» donc pas du premier.

 

3) A Dmanisi, dans le Caucase, ou les trouvailles se succèdent, les chercheurs ont mis au jour Homo georgicus, date de 1,8 million d’années, et qui présente des traits tenant à la fois d’Homo habilis et d’Homo érectus (Lieberman, 2007)[3]. Or, comme c'est Homo érectus et non Homo habilis qui serait «sorti»  d’Afrique vers +- 2 millions d’années, la seule possibilité permettant de sauver le paradigme africain serait de soutenir un postulat alternatif selon lequel Homo habilis aurait précède Homo érectus dans la migration avant de se «métisser» avec lui, ce qui fait beaucoup...

 

  Conclusion : Homo georgicus n’ayant pas d’ancetres  «africains», il est donc le resultat d’une hominisation autonome et indépendante de l’hominisation africaine pourtant postulée unique.

 

4) À Atapuerca, en Espagne, la découverte d’Homo antecessor, ayant permis d’identifier une nouvelle espèce d’hominidé (Carbonell, 2008)[4], c’est tout ce que l’on croyait savoir concernant la première occupation humaine de l’Europe occidentale qui se trouve donc bouleversé puisque, jusqu’a cette découverte, il était en effet postuléque tous les hominidés étaient originaires d’Afrique. De plus, comme Homo antecessor qui vivait entre 1,1 et 1,2 millions d’années semble être le dernier ancêtre commun aux néandertaliens ET a l ’Homme moderne [5].

  Conclusion : l’Homme moderne européen procédant d'une évolution faite in situ, en Europe, depuis plus d’un million d’années, et a partir d’Homo antecessor, il ne descend donc pas de l’Homme moderne africain.

 

5) En 2010 fut publié le résultat d’analyses faites a l’Institut Max Planck de Leipzig portant sur les restes d’un hominidé ayant vécu il y a 40 000 ans et découvert en 2008 européen (Carbonell, 2008), la théorie selon laquelle toute l'humanité moderne est «sortie» d’Afrique pour partir a la conquête du reste de la planète, tombe en Siberie, à Denisova. Comme l'Homme de Denisova, bien qu’étant leur contemporain, n’était ni un Neandertalien, ni un Homme moderne, nous sommes donc une fois encore en présence d’un nouveau type d’hominidé[6]. Selon le professeur Svante Paabo, membre de l’équipe qui l’analysa, l'Homme de Denisova appartiendrait à une espèce qui se serait séparée il y a environ un million d’années de la lignée ayant conduit à l'Homme moderne, donc bien avant la séparation d'Homo sapiens  et d’Homo néandertalensis

 

 Conclusion : Comme selon les chercheurs de Leipzig, ce nouvel hominidé ne serait pas issu d’Homo erectus africain, nous serions donc en présence d’une hominisation indépendante de l'hominisation africaine.

 

6) Au mois de février 2010, une publication de l’Academie américaine des Sciences (Pnas)[7] a fait état de la mise au jour d’un Homme moderne[8] vieux de 100 000 ans dans le sud de la Chine, a Zhirendong, par une équipe sino-americaine. Cette découverte n’est pas isolée car, sur plusieurs sites asiatiques ont été mis au jour des restes d’Homme moderne mais qui, jusque la, étaient dates d’environ 40000 ans ; ceci permettait aux diffusionnistes de continuer a affirmer la validité de la thèse du Out of Africa, les premiers départs d’Hommes modernes depuis le continent africain s’étant produits selon eux vers +- 90 000 ans. Selon les auteurs de la découverte, l’age des fossiles et leur morphologie suggèrent une possible émergence de l’Homme moderne dans l’Est de l’Asie.

 

  Conclusion : Les origines de l'Homme moderne ne se situent donc pas uniquement en Afrique et l’Homme moderne asiatique ne descend pas d’un ancêtre africain.

 

  Au fur et à mesure que le paradigme africain se délite, l'hypothèse d'une hominisation multi centrique prend donc de plus en plus d’épaisseur, comme je le soutenais déjà en 1989 dans mon livre Afrique, l’histoire a l'endroit, ce qui m’avait alors valu quasi excommunication scientifique. Selon cette hypothèse, l'hominisation se serait faite à la fois en Afrique, en Asie et en Europe il y a plusieurs millions d’années de cela, ce qui expliquerait les évidentes differences morphotypiques (« raciales») entre les occupants de la planète. L'une Homme moderne serait issu de ces souches locales d’hominisation ayant évolué in situ et non d'un improbable et hypothétique ancêtre africain ayant migré. (Dong, 2008 : 48)[9].

 

                     Une entreprise de déstructuration mentale des Européens

 

Les découvertes remettant en question le paradigme des origines africaines de l’humanité s’accumulent. Les tenants de l’idéologie de l'homme indifférencié peuplant le «village terre» voient donc l’un de leurs principaux arguments s’envoler et c’est pourquoi ils les taisent ou tentent d’en diminuer la portée.

L’auto-censure des scientifiques s’inscrit dans cette démarche. Soumis à la prégnance du paradigme «scientifiquement correct» des seules origines africaines de l’homme, certains abandonnent même les impératifs de la méthode expérimentale pour tenter de faire «coller» leurs découvertes à la théorie dominante. Au lieu de constater que ces découvertes forcent à s’interroger sur la validité du paradigme africain, ils tentent tout au contraire de les intégrer à ce même paradigme. Ainsi, le professeur José Bermudez de Castro, codécouvreur d'Homo antecessor,semble être à ce point gêné de voir que ses travaux heurtent le paléontologiquement correct, qu’il en est réduit, pour tenter de sauver ce dernier, à avancer une hypothèse de substitution concernant la rapidité de l’expansion d'Homo erectus etcela pour faire coller la séquence de vie d’Homo antecessor avec la période postulée de l’arrivée d'Homo erectus en Europe !!!

Quant à la découverte de l'Homme de Denisova, comme elle achève de  pulvériser l’hypothèse de l’origine africaine de l’ensemble de l’humanité, certains scientifiques en sont réduits à une véritable reptation intellectuelle en soutenant que l'Homme de Denisova serait originaire d’une migration inconnue naturellement faite depuis l'Afrique[10]. Le journaliste scientifiqueFrancois Savatier, s’aventure même à écrire que l'Homme de Denisova appartiendrait à :«Une vague humaine passée inaperçue jusqu’à aujourd’hui (et qui) aurait quitté l’Afrique il y a un million d’annees environ»[11].

Ces comportements bien éloignésde l’esprit scientifique montrent que la question des origines de l’homme est bien au coeur de l’entreprise de déstructuration mentale des Européens.  

 

[1] «A New Primate from the Eocene Pondaug Formation of Myanmar and the monophyly of Burmese amphipithedecis».

Proceedings of the Royal Society, July 2009.  

[2] «Late middle Eoceneepoch ofLibya yieldsearliest known radiation of African anthropoids». Nature, 467, 1095-1098 (28 octobre 2010).

[3] Lieberman, D.E., ( 2007) «Paleoanthropology : Homing in on early Homo». Nature, n° 449, (2007), pp. 291-292.

[4] Carbonell, E et alii ., (2008) «The First European ?» Nature, n° 452, (2008), pp. 465-469.

[5] Cette hypothese semblait pourtant avoir ete confortee par la publication d’une etude dont les conclusions etaient que l'Homme moderne serait apparu en Afrique il y a 200 000 ans, precedant donc ceux d’Asie et d’Europe de plusieurs dizaines de milliers d’années. Manica, A et alii.(2007)  «The effect of an ancient population bottlenecks on human phenotypic variations». Nature, n° 448,(2007), pp. 346-347.

[6] «Fossil finger point to new human species». Nature, n°464 (2010), pp. 472-473.  

[7] Wu Liu, E.Trinkaus et alii., (2010) «Human remains from Zhirendong, South China, and Modern Human Emergence in Eastern Asia Supporting Information». En ligne.

[8] Il présente une des principales caractéristiques de l'Homme moderne, à savoir un menton osseux et cela à la différence de l'homme de Neandertal.

[9] Dong, W., (2008) «Les premiers hommes vus de Chine». Les Dossiers de la Recherche, n°32, aout 2008, pp. 47-49.

[10] Wikipedia rubrique «Hominide de Denisova».

[11] Francois Savatier «L’homme de Denisova, nouveau cousin ?» Actualite Paleontologie humaine (En ligne 26/03/2010).

Par Radioclas - Publié dans : Informations pour les jeunes et moins jeunes - Communauté : BLOGS NATIONALISTES FRANCAIS
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